Merci à Pascal Bruchez pour la mise à disposition des images et le récit du voyage.

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UNE ESCAPADE PRÈS DU CERCLE POLAIRE, par col Pascal Bruchez

L’accueil à Evenes, base militaire et aéroport civil, par notre homme de liaison local, Christian, a été à l’image des 5 jours du voyage d’étude en Norvège, chaleureux et plein d’enthousiasme. L’organisation était de haute qualité, tant de la part de nos hôtes, que de la part de la TFVA « task force voyage ASMEM ». Qu’ils en soient remerciés, tout était parfait.

Après une première nuit en caserne, nous avons été les hôtes de l’armée norvégienne qui est un employeur vital pour le Comté de Troms : c’est à Setermoen que sont basées la 6e division d’infanterie et, un peu plus au nord, la plus grosse partie de l’armée de l’air. Setermoen est une ville de garnison, où l’armée joue un rôle économique des plus importants. Les troupes d’artillerie nous ont préparé une démonstration statique du matériel actuellement en service. Le poste calcul de tir pour les feux de contre-batterie, sur chenillettes, en a impressionné plus d’un, ainsi que tous les moyens adaptés aux climats et à la topographie du lieu, tels que motoneiges et quad’s.

Les déplacements ont été bien agréables, avec des paysages de rêve tout revêtus de couleurs automnales. Les ouvrages de génie civil qui relient les îles et presqu’îles sont à ce point bien intégrés dans le paysage qu’ils le soulignent, et le mettent en valeur.

Le clou de notre voyage est la visite de la batterie côtière de Trondenes. La naissance du canon de 40,6 cm « Adolf-Rohr » et de ses munitions provienne d’une commande réalisée en 1937 par l’état allemand à la firme Krupp. L’Allemagne voulait produire une nouvelle génération de canons de 40,6 cm, devant armer dans le futur les six « neue Schlachtschiffe » des classes H à N, mettant sur pied des bâtiments de 56’200 tonnes. La construction de ces cuirassés est ajournée par Hitler. A l’état-major de la Marine, on pense qu’il serait bon d’utiliser ces pièces d’une façon plus positive que de les laisser rouiller dans un hangar. En attendant la révision du programme Z, on propose à Hitler d’employer les premières pièces de 40,6 cm disponibles au sein de batteries côtières lourdes faisant face au bloc soviétique.

Hitler autorise la mise en place d’une première batterie dans le secteur sensible de Dantzig. Avec l’évolution du conflit, par la poussée russe, les pièces d’artillerie seront rapatriées sur la cote de la Manche, et c’est de cet emplacement qu’elles tireront près de 2200 obus de plus d’une tonne vers le sud de la Grande Bretagne. Cette batterie est connue sous le nom de la batterie LINDEMANN.

En avril 1940, les Allemands s’emparent du Danemark et de la Norvège, et ce, malgré une intervention militaire franco-anglaise en Norvège, à Narvik. Hitler a besoin de garder « la route du fer » suédoise ouverte. Avec l’occupation de la Norvège par l’armée allemande, deux nouvelles batteries vont être affectées à la défense des côtes, à partir de 1942 ; notamment à Harstad où va siéger la MKB « Theo » rebaptisée plus tard MKB « Trondenes », qui arbore 4 canons de 40,6 cm et au sud de Narvik, la MKB « Erich », qui aligne 3 pièces de 40,6 cm, implantée sur l’île de Engeløya, rebaptisée par la suite « Dietl », en l’honneur du General décédé subitement dans un accident d’avion. Ces deux positions protègent activement le port de Narvik et le fjord environnant. La technicité de cette pièce était vraiment révolutionnaire pour l’époque. Après le conflit, les installations seront reprises et utilisées jusqu’en 1961 par l’armée norvégienne.

Le Nordland s’étend sur une longueur de 500 kilomètres, depuis le Nord- Trøndelag jusqu’au Troms. Le littoral est très accidenté, et le comté inclut la plupart des îles Lofoten et Vesterålen. De Narvik, en moins d’une heure, nous avons rejoint la Suède.

La pêche reste l’un des secteurs économiques les plus importants. Le Nordland est notamment célèbre pour ses morues et ses élevages de saumons. La seule forme d’agriculture possible à l’intérieur des terres se résume à l’élevage du bétail. Ce secteur occupe un grand nombre d’habitants, avec l’élevage de chèvres, de moutons et de bovins. Malheureusement, nous n’avons pas vu d’élans vivants. Le comté est principalement montagneux. Les pistes de ski, avec vue sur la mer doivent être particulièrement grisantes en hiver.

Quelques installations minières et hydroélectriques ajoutent à la diversification des activités locales. Narvik est reliée à Kiruna en Suède par le chemin de fer, Ofotbanen. C’est d’ailleurs grâce à cette ligne que la ville s’est développée et est devenue l’un des plus importants ports de Norvège. Elle longe le magnifique Rombaksfjorden, s’élevant ensuite progressivement, en s’accrochant à flanc de montagne dans une nature impressionnante, pour atteindre la frontière de la Suède, dans un paysage de haut plateaux et où les arbres ne poussent plus.

A Oslo, le Parc Vigeland est un des endroits les plus populaires. Dessiné par le célèbre sculpteur norvégien Gustav Vigeland (1869 – 1943) pendant les vingt dernières années de sa vie, il propose près de 200 statues monumentales sur le thème de la destinée de l’être humain, de l’enfance à la vieillesse. Les commentaires ont fusé.

Nous avons effectué un déplacement au musée du FRAM, qui est le navire le plus solide du monde. Ce bateau est allé le plus loin au nord et le plus loin au sud. Le FRAM fut utilisé pour l’exploration polaire, successivement par les explorateurs norvégiens Fridtjof Nansen, Otto Sverdrup et Roald Amundsen entre 1893 et 1912. C’est une goélette à trois mâts de 39 mètres de long et de 11 mètres de large, conçue par l’architecte naval norvégien Colin Archer, en prévision de l’expédition de Nansen, au cours de laquelle elle devait se laisser prendre par la banquise afin de dériver par-dessus le pôle Nord.

Après le musée militaire, où nous avons eu droit à une évacuation en raison d’une alerte à la bombe, nous avons visité le Musée de la Résistance norvégienne. Il se situe également à l´Akerhus Festning, qui abrite une collection poignante d’objets utilisés durant le combat de la Norvège contre l’occupation nazie de 1940 à 1945. Les Norvégiens ont compris que l’histoire militaire et le devoir de mémoire font partie intégrante de la culture.

Le nouvel opéra fait partie d’un vaste projet du développement du centre-ville d’Oslo et illustre la volonté politique de rénover cette partie de la ville qui était, il y a 40 ans, un quartier portuaire actif. L’architecte Snøhetta a décrit son projet ainsi : « Un lien entre la terre et la mer se crée. Une plate-forme publique émerge du fjord. La plate-forme embrasse l’eau, redonnant au centre de la cité son rôle côtier. Les quatre éléments, la terre, le feu, l’air et l’eau se répartissent des espaces distincts. La souplesse face à la rigueur distingue l’intérieur de l’extérieur. La surface du toit en pente a été dessinée comme émergeant directement du fond du fjord. Elle présente des fractures, des escaliers, les surfaces des toits et des tours de la scène, éléments de définition de la vaste plate-forme que le visiteur peut traverser depuis le niveau de la mer jusqu’au niveau le plus élevé. S’unissant au mouvement vertical, les lignes diagonales créent une composition convaincante, à la fois modeste, adaptée à l’échelle de la ville, et particulière, unique dans le paysage urbain. ». … Simplement époustouflant.

Merci aux membres de la TFVA.

Col Pascal BRUCHEZ

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