2016 – Sargans et la Gothard

Le samedi 11 juin nous avons découvert la région de Sargans

Pour finir dans la région du Gothard, le dimanche 12 juin 2016

2015 Simplon

 

Le dispositif du Simplon

Pierre Delévaux et Serge Monnerat nous ont concocté un programme alléchants. Deux cars nous ont conduits, à proximité de la gare de Gampel pour un café/croissant en campagne. Pour les participants, ce fut l’occasion de retrouvailles.

Un groupe se rendait dans un premier temps à Naters, puis il rejoignait l’autre groupe pour un repas en commun à l’hospice. Durant l’après-midi, nous avons ensuite visité le fort de Gondo.

Dans les années 1990, j’avais fait du service dans la région du Simplon. A cette époque, mon intérêt pour les fortifications n’était pas encore une passion, mais simplement de la curiosité.

Lors d’un exercice combiné, une partie de ma compagnie a logé dans cette forteresse de Naters que je jugeais peu confortable.

Avec une certaine émotion, je me suis promené dans les couloirs de cette installation, qui a été remaniée de fond en comble depuis son ouverture au public.

Les magasins de munitions ont été convertis en espace d’exposition pour les Gardes Pontificaux et pour des ensembles d’uniformes de notre armée, couvrant la période de la première guerre à nos jours. Les espaces de visite ont été aménagés avec goût et surtout, avec des moyens considérables, grâce à une ribambelle de sponsors. Le Haut-Valais montre une capacité impressionnante à se mobiliser pour un projet et à attirer des fonds de partenaires externes à la région. Il y a, dans cette partie de notre canton un savoir-faire et une volonté de s’unir pour mener à bien un projet. Une belle leçon pour le Bas-Valais !

Le fort de Naters est un bel exemple de ce savoir-faire. Nous avons été accueillis par des guides connaissant leurs installations sur le bout des doigts. Plus qu’une visite, on peut parler d’un échange. L’ouverture du tunnel du Simplon a pour conséquence la mise en place d’un dispositif défensif comprenant une vingtaine d’objets, dans le tunnel lui-même et aux alentours du portail nord. Parallèlement, les Italiens installent un système défensif au portail sud. La sortie du tunnel est barrée par une suite de grilles et de portes blindées. Un dispositif de déraillement et des ouvrages minés permanents compléteront le concept.

Dès l’année 1935, on envisage la construction de l’ouvrage fortifié de Naters, sur la rive gauche du Rhône. L’emplacement définitif sera toutefois choisi dans la paroi rocheuse située au-dessus de la localité de Naters. Les travaux de construction débutent en février 1939 et le gros œuvre est terminé au début de l’automne. Durant le service actif, l’armement est complété, comprenant dès lors 2 canons de 10,5 cm, 4 canons de 7,5cm ainsi que 6 mitrailleuses. La défense extérieure comprend des positions pour des canons de défense contre avions de 20 mm et pour des mortiers de 8,1 cm. La capacité de logement du fort est d’environ 180 personnes.

L’ouvrage assure l’appui de feu défensif par l’artillerie sur le col du Simplon, sur le secteur Simplon Village – Gabi – Gondo, et les appuis de feu en tir direct sur la gare de Brigue et sur la sortie nord du tunnel du Simplon.

La zone d’efficacité des canons 10,5cm de l’ouvrage de Naters a comme limite gauche la ligne Brigue – secteur à l’est du Monte Léone (inclus) et comme limite droite ligne Brigue – secteur à l’ouest du Fletschorn (inclus). La portée maximum couvre Iselle (portail sud du tunnel) sur l’axe routier du Simplon. En plus de ces trois positions de barrage, le secteur comprend une série d’ouvrages, de barricades antichars, d’objets minés permanents, de postes de commandement et d’abris souterrains pour la troupe.

Dans un secteur que nous n’avons pas visité, l’ouvrage comporte également une unité de repérage d’avions qui avait pour mission d’observer visuellement les accès aériens, hors de portée des radars. S’agissant d’une unité du service complémentaire féminin, les accès étaient séparés et indépendants.

Arrivés à l’hospice, nos «forteressards» nous ont rendus attentifs au fait que le col possédait également une série d’ouvrages de barrages situés sur le haut plateau, sur les versants sud et au nord du col. Ils comprennent une vingtaine d’objets, essentiellement des positions d’armes d’infanterie, des abris, des cantonnements sous roc et des dépôts protégés. La plupart de ces ouvrages ont été construits par la brigade de montagne 11 durant le service actif 1939-1945.

C’est dans la simplicité du réfectoire de l’hospice que nous avons «soigné la camaraderie».

Dans la deuxième partie de notre après-midi, mon groupe a visité le fort de Gondo. Je dois avouer que cela faisait une éternité que je rêvais de cette visite, car en dépit du nombre de jours de service effectués dans cette région, ce fort demeurait pour moi un mystère.

Nous avons été accueillis par 2 guides de la région, qui ont donné à cette visite une aura toute particulière. Un vrai moment de plaisir, que de se faire bercer dans les entrailles de Gondo par la douce musique du oberwalliserdeutsch !

Ce secteur est véritablement un passage obligé. Chaque centimètre est compté. L’ouvrage principal a été en grande partie construit entre 1909 et 1918. A cette époque, le passage se faisait directement devant le fort et non en fond de vallée comme actuellement.

Ultérieurement, peu avant la mobilisation de 1939, cet ouvrage est modernisé afin qu’il puisse remplir sa mission, soit barrer la route Gondo-Simplon et empêcher une poussée ennemie à travers la gorge de Gondo.

On trouve encore des éléments intéressants comme la cuisinière à bois, les moteurs 2 temps pour des batteries en verre, les dortoirs avec les lits en métal et la chaudière à bois. Le transport par câble a par contre été démonté. L’autonomie de l’ouvrage est fixée à un minimum de quatorze jours; une durée plus longue dépend du ravitaillement en munitions et en biens de soutien. L’armement est essentiellement constitué d’armes d’infanterie à tir direct.\r\nDes objets minés permanents permettent la destruction de la route.

Dans le cas du Simplon, le relief découpé, les profondes vallées, l’absence de toute rocade carrossable, la succession de gorges et de plateaux d’altitude favorisent grandement le combat défensif.

Encore MERCI à nos organisateurs pour cette belle journée dans ce secteur du Simplon.

Col Pascal BRUCHEZ

Données techniques provenant du site http://rha.revues.org/signaler5052

2014 ALSACE – PORTAIL ET PROGRAMME

A l’occasion du 40ème anniversaire de la fondation de notre association en 1974, l’ASMEM est retournée sur les lieux de son premier voyage.

Le voyage, d’une qualité remarquable, a été préparé par Marc Girard et Philippe Bossey.titre_devant_carLe programme des visites était le suivant.

Date Horaire Lieu Activité
18.09.2014 Matin Déplacement Suisse – Alsace
1530-1800 Wissembourg Visite du Hochwald Maginot (artillerie)
19.09.2014 0830-1030 Wissembourg Visite du l’ouvrage du Schoenenbourg Maginot (artillerie)
1530-1800 Thionville Visite de la Feste de Guentrange Fortification allemande
20.09.2014 0900-1100 Montmédy Visite de l’ouvrage de La Ferté Maginot (infanterie)
1500-1700 Beuville Visite de l’ouvrage de Fermont Maginot (artillerie)
21.09.2014 0900-1030 Metz Visite guidée de la ville Vauban
1330-1515 Villey-le-Sec Visite du fort de Villey-le-Sec Séré de Rivières/Maginot
1530-1800 Toul Visite guidée de la ville Vauban
22.09.2014 0900-1130 Epinal Visite du fort d’Uxegney Séré de Rivières/Maginot
1130-2200 Retour en Suisse

INDICATIONS POUR LA NAVIGATION

Chaque visite fait l’objet d’un fichier séparé que vous pouvez atteindre directement depuis cette page en cliquant sur les noms des forts ou ouvrages en rouge ci-dessus.

Depuis chaque fichier, vous pouvez atteindre n’importe lequel des autres fichiers de ce dossier.
En fin de dossier, vous trouverez un lexique / liste des abréviations illustrés

 

2014 Vietnam

Nos 40 ans au Vietnam

La guerre du Vietnam a été pour plusieurs de nos membres un conflit qui occupait les actualités de leur jeunesse. C’était d’ailleurs impressionnant de voir avec quelle émotion, le souvenir des différents sites, était encore présent dans la mémoire des participants, comme par exemple le palais de l’Indépendance. Nous avons parcouru ces lieux historiques et les avons vu in situ.
Notre voyage a commencé à Saïgon, actuellement nommé Ho Chi Minh, afin de bien asseoir le pouvoir communiste du Nord, au Sud qui est un peu plus libéral et plus ouvert économiquement. C’est d’ailleurs la modernité de la ville qui a plu à nos explorateurs. Nous avions visité plusieurs aspects de cette région du Mékong, et un des hauts faits est certainement la croisière en bateau. Le Mékong… Son nom chante comme un gong sous le ciel de la Mousson : Mékong ! Tous les dieux et les démons, les rêves et les cauchemars de l’Asie, se cachent dans les flots magiques de la « mère des eaux » dont le génie échappe à la raison. Tour à tour tumultueux dans les montagnes du Tibet, puis paisible dans les plaines du Laos, le Mékong devient prospère en arrosant le Cambodge et le sud du Vietnam. Malgré les tourments de l’Histoire, seul le Mékong a su rester intact et continue de charrier ses flots impétueux pour perpétuer la vie aux nouvelles générations.
L’aspect des fortifications a été traité sur le site de Cu Chi. Initialement créés par le Viet Minh sous l’Indochine française, ces tunnels ont été considérablement développés lors du conflit américano-vietnamien, pour atteindre environ 250 km. Il s’agissait alors d’un réseau gigantesque regroupant des galeries étroites desservant des salles semi-enterrées et des cavités plus profondes, entièrement creusées. On y trouvait tout le nécessaire à la survie. L’accès aux tunnels se faisait par des trappes soigneusement camouflées. Les tunnels de Củ Chi ont été le lieu de plusieurs campagnes militaires pendant la Guerre du Viêt Nam, et étaient la base d’opérations du Viêt Công lors de l’offensive du Tết en 1968.
Connus comme étant l’un des points d’arrivée de la Piste Hô Chi Minh, les tunnels ont été utilisés par les combattants du FNL (Viêt Cong) en tant que caches durant les combats, de voies de communication, d’approvisionnement, d’hôpitaux, de réserves de nourriture, d’armurerie et de véritables quartiers où ils vivaient dans des conditions effroyables. Au plus fort de la guerre, ils abritaient 16 000 personnes.

Ils furent déclarés par l’État-Major américain comme « zone overkill », mais toutes les tentatives armées pour les neutraliser ont échoué et aucune technique mise en œuvre ne viendra à bout de ce réseau (bombardements, défoliants, napalm, utilisation de chiens et de rats des tunnels, commandos spécialisés dans les opérations « search and destroy » des tunnels).
C’est à quelques kilomètres de Da Nang, (ancienne base américaine au Vietnam, connue par sa célèbre «China beach et son «Goodmorning Vietnam»), que nous nous sommes posés pour quelques jours, dans la cité de Ho Ian. Cette cité est inscrite au patrimoine de L’Unesco. Imaginez un magnifique vieux quartier truffé de pagodes et d’anciennes maisons chinoises, des rues pavées pleines de tailleurs et confectionneurs de chaussures. Cette citée est régulièrement inondée et la vie principale se fait à l’étage. Hội An était une ville prospère, située sur les routes maritimes du commerce de la soie. Elle connut une expansion à partir du XVe siècle, les riches marchands y installèrent des comptoirs et construisirent de grandes et solides maisons en bois. Suite à l’ensablement de la rivière, l’activité du port a décliné au profit de celui de Da Nang. Il n’est plus fréquenté que par des sampans qui sont des bateaux chinois à une ou 2 voiles.
Divers styles architecturaux se retrouvent à Hoi An : chinois, japonais, français. Huit cent quarante-quatre bâtiments sont répertoriés pour leur intérêt historique et architectural.
Hoi An est très touristique et croule sous les boutiques de souvenirs. Mais elle renferme tellement de trésors et est si agréable à visiter qu’elle a été une étape incontournable. Et il suffit d’un tour de roue, voire d’une promenade en side-car, pour fuir la pression touristique et se retrouver au cœur du Vietnam. Chose que nous avons faite, bien entendu.
Après Hoi An, départ sur Hué, également au patrimoine mondial de L’Unesco qui était la capitale des Nguyen, les seigneurs du Sud. Au XVIe siècle, Hué devient la capitale du Viêt Nam tout entier après sa réunification par Gia Long en 1802. La Cité impériale de Hué se bâtit tout au long du XIXème siècle. Devenue la résidence impériale et le siège de la cour, Hué acquiert un grand prestige et un grand raffinement qui se traduisent notamment dans la musique et dans la gastronomie. La cité interdite est entièrement détruite en 1885 par les Français qui massacrent, incendient et pillent la ville. Les palais, archives et bibliothèques furent réduits en cendres. Puis, en 1947, par le Viêt Minh… L’histoire se répète. Le 29 janvier 1968, dans le cadre de l’offensive du Têt, les Nord-Vietnamiens attaquèrent la ville. Après avoir massacré plus de deux mille cinq cents habitants de ceux considérés comme l’« élite », ils tentèrent un assaut sur le camp retranché qui échoua. Les Américains quant à eux bombardèrent la Cité impériale. Tout cela pour vous dire qu’une grande partie de la cité impériale n’est qu’une ruine et que seuls quelques monuments ont été reconstitués. Ce qui reste est malgré tout grandiose.
Nous ne pouvions pas manquer Khe Sanh qui servit de base américaine pendant la guerre du Vietnam. Elle est située au nord-ouest du Sud-Vietnam, se trouve à proximité de deux sanctuaires nord-vietnamiens : le Laos, à 16 km à l’ouest, et la zone démilitarisée, à 25 km au nord. Installée dans la province de Quang Tri, elle fait partie d’une série de positions fortifiées destinées à stopper les infiltrations nord-vietnamiennes au Sud-Vietnam. Une jungle épaisse recouvre toute la région, rendant le camouflage particulièrement aisé. Si les Américains ont gagné la bataille de Ke Sanh, ils ont peut-être perdu celle du Vietnam, à cause de cette diversion.
A Khe Sanh, contrairement à Dien Bien Phu, les Américains disposent d’un nombre considérable d’appareils pour les missions d’appui rapproché. Les avions et les canonnières ont été indispensables, en particulier, pour garantir le contrôle des collines. Les raids des B-52 ont désorganisé les lignes de ravitaillement adverses et détruit les concentrations de troupes. A défaut de l’aviation, les Marines ont aussi pu faire appel à leur artillerie, et à celle basée à distance en dehors du camp. Mais c’est surtout la capacité à ravitailler par hélicoptères et avions de transport les positions des Marines qui a pesé dans la balance. L’utilisation de l’artillerie et de l’aviation à Khe San, avec une écrasante supériorité de puissance de feu sur l’adversaire, a donc surtout servi à démontrer la capacité des Américains à infliger de sérieuses pertes à un corps nord-vietnamien attaquant une position fortifiée, dans l’esprit de la création du camp de Dien Bien Phu en 1954.
Le général Westmoreland était persuadé que les Nord-Viêtnamiens espéraient emporter la base de Khe Sanh comme ils l’avaient fait à Dien Bien Phu contre les Français. La puissance de feu américaine fut un élément essentiel pour empêcher l’histoire de se répéter lors du siège de Khe Sanh. Militairement, la bataille est une victoire américaine indéniable. Mais le but poursuivi par les Vietnamiens est peu clair. Pour certains, cette bataille a été une victoire stratégique vietnamienne, car elle leur a permis de fixer une grande quantité de troupes américaines loin des villes où se déroulait simultanément l’offensive du Têt. Ce qui a bel et bien servi les desseins vietnamiens. Le but de la bataille n’aurait donc pas été de battre l’armée américaine, mais de retenir troupes matériel et moyens, chose que les Vietnamiens ont réussi à faire. La discussion n’est pas close à ce jour.
Et nous repartons pour le Nord, afin d’atteindre le lieu historique de Dien Bien Phu.
C’était la fête à Dien Bien Phu, et toutes les ethnies des vallées s’étaient donné rendez-vous ce 6 et 7 mai 2014, en ville, pour fêter les 60 ans de la victoire vietnamienne. 170 jours d’affrontement dont 57 jours d’enfer. Cinquante-sept jours d’une lutte acharnée contre un ennemi introuvable. Des compagnies réduites à trente hommes. Des légionnaires, tirailleurs, parachutistes blessés deux, trois ou quatre fois et reprenant encore et toujours le combat, sans évacuation possible. Après deux mois d’attaques des divisions Viêt Minh, Eliane, Anne-Marie, Béatrice, Dominique, Isabelle ou Gabrielle sont des noms qui resteront gravés à jamais dans les mémoires. Deux mois d’attaques et de contre-attaques, de pertes et de reprises, de courage collectif ou personnel…
Les renforts arriveront jusqu’au dernier jour, mais l’inévitable survient le 7 mai 1954, lorsque la garnison, épuisée, à bout de munitions, cesse le combat : 1726 tués, 1694 disparus et 5300 blessés. Une fois le cessez-le-feu signé, le décompte des prisonniers des forces de l’Union française, valides ou blessés, capturés à Diên Biên Phu s’élève à 11 721 soldats dont 3 290 sont rendus à la France dans un état sanitaire catastrophique, squelettiques, exténués. Il en manque 7 801. Le destin exact des 3 013 prisonniers d’origine indochinoise reste toujours inconnu. Il est probable qu’ils aient été exécutés systématiquement comme traîtres. Ce fut la bataille la plus longue, la plus furieuse, la plus meurtrière de l’après Seconde Guerre mondiale, et l’un des points culminants des guerres de décolonisation. On peut estimer à près de 8 000 le nombre de soldats Vietminh tués pendant la bataille.
Pour tous ces valeureux soldats de toutes les nations, dont plusieurs Helvètes, nous nous sommes recueillis sur le monument en mémoire du corps expéditionnaire français, avons écouté avec émotion la prière du para et avons déposé une gerbe.
La visite des points d’appui et des positions françaises nous a étrangement rappelé la guerre des tranchées et les traités de poliorcétique de Vauban pour la prise des places fortes. La grandeur du champ de bataille en a également étonné plus d’un, car il est très concentré au milieu des collines qui se situaient à un jet d’artillerie. Le stratège de la victoire de Dien Bien Phu est le général Giap. Nous en avons visité son PC, après avoir conduit des heures à travers les routes escarpées des collines. En 1954, alors que les troupes françaises se préparent à livrer bataille à Dien Bien Phu, le général Giap décide, après avoir reçu des comptes-rendus de plusieurs missions de reconnaissance, de changer au dernier moment ses plans opérationnels, qui prévoyaient une attaque rapide dès le mois de janvier. En cela, il suit les recommandations de l’oncle “Hô”, qui lui avait dit : “N’attaque que si tu es sûr de la victoire”.
Finalement, l’offensive aura lieu deux mois plus tard, l’attaque lancée le 13 mars contre les positions françaises ayant “complètement surpris” le général Navarre.
Le général Giap était un fervent admirateur de Bonaparte, dont il a retenu du génie militaire le sens de “la concentration des troupes” et “l’effet de surprise”. “Pendant la campagne d’Italie, Napoléon disait : ‘Là où une chèvre passe, un homme peut passer ; là où un homme passe, un bataillon peut passer”, Giap, s’était plu à le citer lors d’entretiens. Pour Dien Bien Phu, il avait utilisé 260’000 porteurs, plus de 20’000 bicyclettes, 11’800 radeaux, 400 camions et 500 chevaux pour faire acheminer les armes, les munitions et le ravitaillement à ses troupes.
Après Dien Bien Phu et les accords de Genève, qui ont coupé le Vietnam en deux, se profile l’intervention des États-Unis en soutien au régime sud-vietnamien. Même si Giap perdra de l’influence à la mort d’Hô Chi Minh, il jouera un rôle clé contre les troupes américaines. “Derrière chaque victoire, on retrouvait Giap, qui en était la force motrice”, a ainsi indiqué Cecim Currey, l’un des biographes.
Quant aux musées et mémoriaux, nous voilà en pleine propagande. La représentation des méchants et des gentils est vraiment poussée à l’extrême. C’est d’ailleurs le cas de tous les musées que nous avons visités.
Retour sur Hanoi, pour embrasser la capitale et son histoire. Image exceptionnelle de la troupe de l’ASMEM au garde à vous. La chaleur était telle que l’accès à la place de l’oncle Ho était sans touristes. Cela m’a changé de mon dernier voyage, où des milliers de personnes attendaient pour se recueillir.
Au temple de la littérature, nous avons pu nous familiariser avec l’évolution de l’écriture et admirer la jeunesse qui se faisait photographier par classe, pour le remise des diplômes de fin d’année. Jusqu’en 1915, on enseignait dans ces jardins la pensée confucéenne.
On ne put pas quitter le Vietnam sans se pencher sur le peuple qui le compose.
Le Vietnam est un pays multiethnique, composé de 54 groupes ethniques, percevant l’importance d’avoir un Musée pour préserver et présenter le patrimoine culturel de ces 54 ethnies (ou 52, ou 53, ou 55). D’ailleurs, peu importe le nombre exact, cela en fait beaucoup. Nous nous sommes promenés dans ce Ballenberg local, en admirant les méthodes ancestrales des constructions.
Il est temps de penser au retour et une petite croisière dans la Baie d’Halong de 2 jours clôt ce périple qui nous a amenés du Sud au Nord de ce pays merveilleux qu’est le Vietnam.Située dans le nord-est du Vietnam, la magnifique baie d’Halong, dite «de la descente du dragon» selon une légende, est baignée dans le Golfe du Tonkin. Incroyable patchwork de terre, on y compte 3’000 îlots aux formes diverses et variées. Lieu extrêmement touristique, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Avec ses formations de calcaire émergeant de l’eau et autres forêts de mangrove luxuriantes, la région offre des paysages qui semblent tout droit sortis d’un film !
Nous avons été totalement dépaysés. Merci à Luan notre guide. brpa