Epoque néolithique en construction

Une Chablaisienne vieille de 4000 ans Le squelette est parfaitement conservé, y compris phalanges et dentition. DR

Parfaitement conservé, son squelette abrite son bébé. Tous deux seraient décédés lors de l’accouchement à Saint-Triphon, vers 2000 avant Jésus-Christ.

Jeudi passé, un squelette probablement vieux de quatre mille ans a été découvert à Saint-Triphon. «Les ossements sont dans un état de conservation excellent. Ce qui est très rare pour un témoin d’un passé aussi lointain», indique un témoin de la découverte réalisée lors de travaux de terrassement au sommet de la colline de Saint-Triphon, au beau milieu de la plaine chablaisienne. La terre compacte et un site n’ayant pas bougé ont permis à ces dépouilles de traverser les millénaires sans être altérés. «Une femme vieille de quatre mille ans! Vous imaginez: quand elle accouchait, les Égyptiens construisaient encore des pyramides!», s’enthousiasme un Chablaisien ayant assisté aux premiers travaux d’investigations. Mais le plus frappant reste la présence au beau milieu de ce squelette d’un bébé. Selon les premières analyses, il s’agirait d’un fœtus. La position de la tête dans le bassin fait penser à un accouchement qui se serait mal passé, entrainant la mort du petit et de sa maman.

Fin tragique

La datation provisoire de cette découverte aurait été rendue possible par la découverte d’un bracelet de l’âge de bronze juste au-dessus des deux squelettes. «Saint-Triphon est un site archéologique important, un haut lieu de l’âge du bronze», indique Pierre-Alain Bezat. Cet archéologue montheysan n’est pas étonné par les premières conclusions de ses confrères vaudois concernant l’ancienneté des squelettes. «La colline est occupée depuis le néolithique, l’âge de la pierre polie. A l’époque du bronze, du fer, comme à celle des Romains et au Moyen Age jusqu’à aujourd’hui, Saint-Triphon fut toujours habité. Et ce, à cause de sa situation dominante au milieu de la plaine du Rhône. Le lieu offrait une vue sur le défilé de Saint-Maurice, sur le Léman, et se trouvait hors des marais du fleuve.» Cette découverte n’est pas une première à Saint-Triphon. De nombreux objets de l’âge du bronze, notamment ancien, sont répertoriés, depuis des haches à des bracelets en passant par des aguilles. Des ouvrages spécialisés ont été consacrés à ce site.

Gilles Berreau Nouvelliste, le 26.06.2009 12:06 

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