par Tresorier ASMEM | Fév 4, 2026 | A l'étranger, Actualités
Vue depuis le hameau de St-Ours en direction du nord vers le Fort de Tournoux
L’ouvrage Maginot de Saint‑Ours Haut, situé sur la commune de Val d’Oronaye (Alpes‑de‑Haute- Provence), est un gros ouvrage d’artillerie chargé de contrôler l’accès au col de Larche par la vallée de l’Ubayette. Implanté sur l’adret à 1 850 mètres d’altitude, il domine le hameau de Saint‑Ours.

Bloc 1 – Entrée mixte
Dans les Alpes, les fortifications françaises verrouillent les axes venant d’Italie grâce à une ligne d’avant‑postes puis une ligne principale d’ouvrages bétonnés. Dans la vallée de l’Ubayette, le barrage de Larche regroupe les ouvrages de Roche‑la‑Croix, Saint‑Ours Bas et Saint‑Ours Haut, dont les feux croisés défendent l’entrée de la vallée. Le site, envisagé dès 1882, est élaboré par le génie de Briançon, puis intégré au programme Maginot en 1929 et validé en 1931.

Bloc 1 – Ouverture du pont-levis

Bloc 1 – Pont-levis

Bloc 2 – Casemate d’artillerie et vue sur les créneaux et le fossé diamant
En surface, cinq blocs dispersés, chacun doté de ses propres magasins, PC et ventilation, réduisent la vulnérabilité aux tirs. Conçu pour résister aux bombardements lourds, l’ouvrage abrite sous la roche ses installations techniques : usine électrique (trois groupes électrogènes et un auxiliaire), caserne, ventilation, chauffage, cuisine, poste de commandement et vastes réserves assurant plusieurs mois d’autonomie. Une galerie principale, équipée d’une voie de 60 cm, relie l’entrée aux blocs de combat.

Salle des filtres

Usine électrique de l’ouvrage

Plan incliné et voie de 60 cm reliant l’entrée mixte aux blocs de combat

Chambrée, sanitaire et cuisine
En surface, cinq blocs dispersés, chacun doté de ses propres magasins, PC et ventilation, réduisent la vulnérabilité aux tirs. Le bloc 1 est l’entrée mixte, fortement défendue. Le bloc 2 est une casemate d’artillerie tirant en flanquement armée de trois mortiers (1 de 75 mm, 1 de 81 mm et 1 de 50 mm). Les blocs 3 et 4 servent d’observatoires d’artillerie. Le bloc 5, casemate mixte orientée vers l’amont, regroupe mortiers (2 de 81 mm et 1 de 50 mm), jumelages de mitrailleuses et cloche GFM (cloche guetteur et fusil-mitrailleur). Pour le tir d’artillerie, les observateurs d’artillerie transmettent les coordonnées de l’objectif au poste central de tir. Ce dernier calcule les élément de tir sur la base des cartes topographiques du secteur. Il les communique aux pièces, qui ouvrent alors le feu pour neutraliser la cible désignée.

PCT

Bloc 2 – Mortiers de 81 mm et de 75 mm
Le mortier de 81 mm est une arme à tir courbe, installé en casemate ou en tourelle, il offre une portée de 3 500 m et une cadence d’environ 15 coups par minute. Le mortier de 75 mm, conçu pour les ouvrages alpins, est un canon court à portée limitée (6 000 m) destiné à couvrir les secteurs que le canon ou l’obusier ne peut atteindre.
Les blocs 3 et 4 servent d’observatoires d’artillerie et le bloc 5, casemate mixte orientée vers l’amont, regroupe mortiers (2 de 81 mm et 1 de 50 mm), jumelages de mitrailleuses et cloche GFM.

Bloc 1 – cloche GFM / Bloc 4 – cloche GFM
Au début des années 1950, l’ouvrage est remis en état dans le contexte de la Guerre froide. Entretenu jusqu’en 1968, il fut ensuite abandonné. Depuis les années 1990, la Communauté de communes de l’Ubaye l’entretient et l’ouvre à la visite.
Photos : Trésorier ASMEM / Sources : Wikipédia
par Tresorier ASMEM | Jan 16, 2026 | A l'étranger, Actualités, Voyages
Italie, Piémont – Forte di Fenestrelle
Notre voyage d’étude s’est déroulé, du 19 septembre au 22 septembre 2025, sur le thème « France – Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence – Les défenses des vallées de l’Arc et de la Durance » et nous avons logé, à Briançon, dans un hôtel au nom prédestiné : Vauban.
Le 19 septembre 2025, les dix-huit participants franchissent la frontière franco-suisse au Châtelard et gagnent, par la vallée de la Maurienne, les départements français des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence. Leur parcours les conduit à la découverte des fortifications des vallées de l’Arc, entre Modane et Aussois, ainsi que de celles de la Durance, entre Briançon et Mont-Dauphin. Trois sites majeurs structurent le programme : la barrière de l’Esseillon, Mont-Dauphin et Briançon, ainsi que le Forte di Fenestrelle.
Aussois – La Barrière de l’Esseillon

Les forts de la Barrière de l’Esseillon constituent un ensemble de cinq édifices militaires érigés au XIXème siècle par le Royaume de Sardaigne, dans le but d’assurer la défense du col du Mont-Cenis et de la Haute-Maurienne contre d’éventuelles invasions françaises.

Ces fortifications, situées sur une crête rocheuse entre Aussois et Avrieux, portent les noms de membres de la famille royale de l’époque Victor-Emmanuel, Marie-Thérèse, Charles-Félix, Marie-Christine et Charles-Albert.

Ils furent érigés entre 1815 et 1830 sur ordre du roi Charles-Félix afin de renforcer la défense de la frontière alpine face à la France. Conçus d’après le modèle Montalembert, caractérisé par ses fortifications perpendiculaires – à la différence du modèle Vauban –, les forts de l’Esseillon témoignent de l’importance stratégique de la Savoie dans les Alpes.

Ce patrimoine architectural et historique permet de mieux comprendre la stratégie militaire du XIXᵉ siècle ainsi que l’histoire savoyarde.
La place forte de Mont-Dauphin

Mont-Dauphin est une place forte imaginée par Vauban à la fin du XVIIᵉ siècle. En 1692, après un raid du duc de Savoie ayant ravagé plusieurs villes françaises, Louis XIV choisit de consolider la défense de la frontière alpine. Vauban retient alors le plateau des Mille Vents, un promontoire rocheux au positionnement stratégique, pour y construire une fortification capable de contrôler efficacement les vallées alentour.

Les travaux débutent en 1693 et la forteresse prend le nom de Mont-Dauphin, en hommage au fils du roi. L’ensemble comprend des fortifications, une poudrière, des casernes ainsi qu’un village destiné à accueillir une population civile, afin d’assurer une présence militaire durable.

Toutefois, la signature du traité d’Utrecht en 1713 repousse la frontière, diminuant ainsi l’importance stratégique de ce site. Bien que Mont-Dauphin n’ait jamais subi de siège, la place forte a été modifiée jusqu’au XIXe siècle afin d’adapter ses défenses aux avancées de l’artillerie.

Classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO, elle demeure un exemple remarquable de l’architecture militaire de Vauban.
Cervières – Petit ouvrage d’infanterie de type Maginot

L’ouvrage des Aittes, intégré à la ligne Maginot, se situe sur la commune de Cervières. Construit entre 1932 et 1937 à 1 880 mètres d’altitude, il occupe un versant rocheux dominant la vallée. Cette petite fortification d’infanterie a été spécialement conçue pour protéger la vallée de la Cerveyrette contre toute incursion. Par son emplacement stratégique et sa vocation défensive, elle illustre pleinement la volonté de sécuriser les points sensibles de cette zone montagneuse durant l’entre-deux-guerres.

L’ouvrage des Aittes occupait une position clé au sein du dispositif défensif du secteur fortifié du Dauphiné, en complément des ouvrages du Gondran et du Janus. Il profitait de la couverture fournie par l’artillerie du Janus, renforcée par plusieurs batteries de soutien, assurant ainsi une protection accrue de la vallée de la Cerveyrette.

L’infrastructure comprenait quatre blocs, dont l’un faisait office d’entrée sous forme de casemate, garantissant à la fois l’accès et la défense de l’ouvrage. Côté armement, elle était essentiellement équipée de mitrailleuses et de fusils‑mitrailleurs, assurant une couverture efficace des points d’accès stratégiques alentour.

L’effectif était constitué de 92 hommes et de 2 officiers, soulignant l’importance de la présence humaine pour la défense du site.
Piémont – Forte di Fenestrelle

La forteresse de Fenestrelle fut construite entre 1728 et 1850 par les rois de Sardaigne, dans la vallée piémontaise du même nom, acquise en 1713 par Victor‑Amédée II. Elle constitue la plus vaste forteresse d’Europe, s’étendant sur 1 300 000 m². Édifiée entre 1 135 et 1 785 mètres d’altitude, elle barre la vallée sur trois kilomètres, le long de la route reliant le col de Montgenèvre à Pignerol et à Turin. Souvent appelée à tort « fort de Fenestrelle », elle forme en réalité un immense complexe regroupant trois forts et sept redoutes, reliés entre eux par deux voies de communication.

Fenestrelle passe de la France à la Savoie à la suite du traité d’Utrecht de 1713. À cette période, la vallée ne compte qu’une seule fortification : le fort Mutin, construit au XVIIᵉ siècle et déjà jugé obsolète par Vauban en 1701. Afin de protéger ce territoire nouvellement acquis, Victor‑Amédée II charge son ingénieur militaire et architecte Bertola d’édifier un nouvel ouvrage : le fort des Vallées, implanté à 1 800 mètres d’altitude.

Au cours des cent vingt années suivantes, trois autres forts viennent compléter l’ensemble : le fort Charles-Albert, placé au point le plus bas, le fort San Carlo, et le fort des Trois Dents. Les travaux s’achèvent en 1850 avec la destruction du fort Mutin. L’ensemble des fortifications est relié par trois kilomètres de murailles et un long couloir abritant un escalier de 4 000 marches.

Conçue avant tout comme un dispositif dissuasif, elle n’a jamais eu à subir de véritable siège. Au début des années 1800, elle est toutefois utilisée comme prison politique. Dans les années 1920, la forteresse est transformée en dépôt d’artillerie. En 1943, le fort Charles-Albert est détruit par les partisans. Abandonné par la suite, l’ensemble voit se détériorer le palais du gouverneur, le palais des officiers, l’église et la prison.

Aujourd’hui, la forteresse fait l’objet d’une restauration progressive, portée par la mobilisation des habitants et soutenue par diverses institutions publiques et privées. En 1997, le site s’ouvre au public et bénéficie d’un éclairage spectaculaire.
Briançon – Communication Y

La communication Y, initialement nommée « communication des Têtes au Randouillet » lors de sa construction, constitue une fortification de type double caponnière située au sud-est de la ville de Briançon.

Cet ouvrage se présente principalement comme un long édifice de plan rectangulaire, orienté du nord au sud. Il sert de passage couvert entre le fort des Trois Têtes, situé au nord, et le fort du Randouillet au sud, tout en assurant le contrôle du vallon de Fontchristiane.

Le bâtiment s’étend sur 150 mètres de longueur pour neuf mètres de largeur. Il est construit en maçonnerie voûtée, avec des murs épais de deux mètres côté est et de 2,25 mètres côté ouest. Le passage intérieur, large de 4,5 mètres, possède un sol en terre battue et est éclairé par vingt‑six fenêtres, toutes ouvertes sur la façade ouest. Les deux extrémités de l’édifice sont protégées par une enveloppe bastionnée, chacune flanquée d’un fossé, garantissant une défense efficace aussi bien à l’est qu’à l’ouest.

Remerciements
Au cours de ce voyage, nous avons rencontré, dans chacune des associations visitées, des personnes remarquables, enthousiastes et profondément engagées dans la mise en valeur, le partage et la transmission du patrimoine historique et culturel. Leur passion et leur détermination à le préserver pour les générations futures étaient palpables. Ensemble, nous avons pu célébrer et partager l’intérêt qui nous rassemble autour d’un sujet qui nous tient à cœur.
Nous avons pu bénéficier pour l’organisation et la conduite des visites de l’aide des associations suivantes :
France : Fondation pour l’Action Culturelle Internationale en Montagne (FACIM), Centre des Monuments Nationaux – Mont-Dauphin, Association Les Aittes, Service du Patrimoine de Briançon
Italie : Associazione Progetto San Carlo Onlus – Forte di Fenestrelle
Photos : Trésorier ASMEM / Sources : Wikipédia
par Tresorier ASMEM | Jan 14, 2026 | Actualités, ASMEM info, En Suisse
Selon l’article 10 des statuts du 25 mars 2023, le vendredi 5 septembre 2025, notre Association a organisé son Assemblée générale statutaire 2025 sur la place d’armes de Bière / Centre d’Instruction de l’Artillerie.
Description et histoire de la place d’armes de Bière
La place d’armes de Bière, propriété de la Confédération suisse, s’étend sur 870 ha (260 ha de forêts) et compte 152 bâtiments, dont des hébergements, cuisines, salles de formation, infirmerie, stands de tir et arsenal. Elle accueille régulièrement des écoles de recrues et des formations militaires. Son rôle militaire, présent depuis l’époque romaine, s’est renforcé dès 1822, avec des infrastructures constamment adaptées aux besoins de l’armée jusqu’à aujourd’hui.

Assemblée générale 2025
Après un accueil convivial, l’Assemblée se déroule selon l’ordre du jour communiqué à tous les membres. Les différents rapports, après présentation, sont validés par les membres présents, tandis que les sujets à traiter font l’objet de discussions avant qu’une décision soit prise dans une atmosphère détendue. Une fois le point « Divers » terminé, le Président clôt l’Assemblée générale 2025.

Après une courte pause, l’orateur invité propose une conférence sur « L’artillerie du futur », explorant l’évolution de l’artillerie dans l’armée suisse (mortier 12 cm 16, TASYS, plateformes d’artillerie, etc.). À la fin de la conférence, un repas rassemble les participants, puis à partir de 1330, les membres assistent à l’exercice « COMBINED ARMS 25 » (véhicules blindés, artillerie et aviation), organisé par la Formation d’application des blindés et de l’artillerie (FOAP bl / art). La direction du tir d’artillerie a été faite à distance avec l’engagement d’un drone ADS 15.
Impression photographique



La prochaine assemblée générale statutaire aura lieu en 2027.

Photos : Trésorier ASMEM
par Tresorier ASMEM | Jan 4, 2026 | Actualités, En Suisse, Impressions

Fribourg Centre-Ville (2025) © Swisstopo
Le samedi 28 juin 2025, 19 participants prennent part à la journée thématique dédiée aux fortifications de la Ville de Fribourg.
Cette journée se déroule en suivant le sentier des fortifications conçu par l’Office du tourisme « Fribourg Tourisme et Région » (Pour les détails : https://fribourg.ch/fr/fribourg/circuit-des-fortifications-fribourg/).

Notre ballade est encadrée par un guide-historien expérimenté. Grâce à son expertise, notre groupe bénéficie d’une analyse approfondie de l’histoire des fortifications et du patrimoine fribourgeois.

Les ouvrages fortifiés de la Ville sont édifiés entre les XIIème et XVème siècle. Les contraintes topographiques du secteur, avec les courbes et parois abruptes de la Sarine, vont être habilement exploitées par les bâtisseurs pour ériger des fortifications améliorant la protection de la cité, tout en tirant parti des obstacles naturels du site. Les tours sont construites en molasse extraite localement.

Ce réseau d’ouvrages fortifiés constitue l’un des ensembles les plus significatifs de l’architecture militaire médiévale en Suisse.

À ce jour, onze tours, un boulevard (le belluard), ouvrage d’artillerie, et près de 900 mètres de murailles subsistent. Depuis le XXème siècle, l’enceinte du belluard est un lieu de manifestations culturelles.

Photos : Trésorier ASMEM / Sources : Wikipédia