2011 RÉPUBLIQUE TCHÈQUE

2011 RÉPUBLIQUE TCHÈQUE

Prague : « Une porte d’accès sur d’autres dimensions, sur d’autres mondes ». C’est paraît-il ce que nous apprend l’étymologie. Que l’affirmation soit ici pertinente ou non, peu importe ; elle exprime de manière suggestive la réalité vécue au long de ces cinq journées par les participants au tout récent voyage organisé par notre association dans la capitale de la République tchèque et dans ses environs.

Une porte ouverte sur la beauté fascinante de la cité aux mille clochers, ouverte sur l’histoire mouvementée d’un pays au destin tantôt glorieux, tantôt tragique, sur la douceur des paysages qui inspirèrent Smetana lorsqu’il composait les poèmes symphoniques consacrés à sa patrie, ouverte – last not least – sur l’art et la manière de produire des bières parfaitement délicieuses.

 

 

Bref, en tous points un fort beau voyage, et magnifiquement organisé, malgré les difficultés qui survinrent en cours de préparation. Il n’est que justice, avant même d’en retracer les étapes, de rendre hommage à ceux qui en firent le succès : Serge MONNERAT et Pascal BRUCHEZ, Philippe BOSSEY et Jean-Denis GEINOZ pour les préparatifs documentaires, Renata VANOVA pour le soutien linguistique sans oublier le professeur Vladimir KUPKA, guide et commentateur parfaitement documenté.

Et maintenant, si vous voulez nous suivre, en route pour Prague…

GVA, jeudi 0900 :

Les 34 participants au voyage se retrouvent à l’aéroport de Genève, touchent leur billet et leur badge. Poignées de mains, formalités et embarquement à 1010.

PRG, jeudi 1200 :

On débarque à l’aéroport de Prague après un voyage sans histoire. Accueil chaleureux par les deux collaborateurs tchèques de l’équipe organisatrice, Renata Vanova et le professeur Vladimir Kupka, qui vont nous piloter tout au long des prochains jours.

Résidence de l’ambassade suisse, jeudi 1330 :

L’ambassadeur de Suisse en République tchèque, son Excellence Monsieur André Regli, nous reçoit somptueusement dans les jardins puis dans les salons de la résidence. Apéritif au champagne, discours d’accueil chaleureux, présentation d’un film explicatif, puis repas délicieux arrosé à la valaisanne.

QG de l’armée tchèque, jeudi 1530 :

Présentation de l’armée thèque, de son organisation et de son articulation avec les forces de l’OTAN par le lt-col SCHENKEL. La salle dans laquelle nous sommes reçus, « modern style » typique de l’entre-deux guerres, nous donne un aperçu du cadre et de l’ambiance qui devait régner il y a quelques décennies sous régime soviétique.

Armadny muzeum Ziskov, jeudi 1700 :

Visite des deux étages du monumental musée de l’armée : mises en scènes suggestives, images fortes, nombreux objets, armes et documents divers. On en sort impressionné par nombre d’événements dramatiques qui marquèrent l’histoire mouvementée de la ville et du pays. Ce n’est d’ailleurs qu’un début…

Hôtel Hilton, jeudi 1830 :

Prise des quartiers dans l’impressionnant hôtel où nous passerons quatre nuits (pour certains, passablement écourtées!). Rassemblement de la troupe dûment rétablie, et départ pour une patrouille à pied en direction de la Grand place aux abords immédiats de laquelle nous descendons dans les immenses caves voûtées (remontant probablement à l’époque médiévale) d’un restaurant où nous attend un souper pantagruélique auquel chacun fait honneur. Premier contact avec la délicieuse bière du pays. Retour individuel (et échelonné) au cantonnement.

Devant le Hilton, vendredi 0745 :

Bien ravitaillée, (le buffet du petit-déjeuner au Hilton est capable de susciter des appétits que rien ne saurait rassasier), la troupe se rassemble et embarque pour la première étape de la journée.

Forteresse de Wysehrad, vendredi 0800 :

Vladimir KUPKA nous introduit à l’histoire de cette petite citadelle, dont l’origine remonte au 10ème siècle et qui fut la première résidence des princes régnants sur la région. Un ouvrage fortifié où l’on trouve la trace des diverses époques. Du haut des remparts, nous avons une vue splendide sur les environs de la ville, la ville elle-même, son château, la Moldau et ses ponts. Au passage, nous sommes confrontés à un petit mystère : l’architrave qui surmonte le porche d’une petite chapelle devant laquelle nous passons est ornée d’une belle sculpture représentant une croix de Saint-Maurice. Pas de réponse à ce jour à cette question.

Restaurant Koliba u Eliśky à Karlstejn, vendredi 1200 :

Après un déplacement d’une trentaine de kilomètres (direction W), c’est la pause de midi à laquelle on s’abandonne volontiers. Deuxième contact (préparatoire, compte tenu du programme de la journée) avec la Pilsner Urquell (sous réserve d’un ou deux voyageurs qui ont hâte de tâter des vins du pays et sont sans doute familiers déjà des bières tchèques). Un autre groupe d’importance analogue au nôtre bénéficie du menu qui nous était réservé et nous du leur (au grand dam de Pascal, qui ne supporte pas la purée de pommes de terre) ; on s’en aperçoit par chance juste avant le service du dessert, ce qui nous vaut quelques améliorations délectables à la fin du repas. Aucune plainte, pas de récriminations à signaler.

Forteresse de Karlstejn, vendredi 1330-1400 :

Quelques sportifs s’élancent pedibus cum jambis à l’assaut de la colline que surplombe le château où ils parviennent avec une (légère) avance sur ceux qui ont préféré utiliser les calèches proposées aux visiteurs. Nous avons la surprise d’être accueillis et conduits dans les diverses salles de ce joyau architectural par un jeune guide s’exprimant dans un français châtié et proposant des commentaires vivants et fort documentés. Vers la fin de la visite, nouveau mystère : l’un des grands tableaux exposés dans la tour centrale présente le portrait de notre saint-patron Maurice. Comme quoi, nous y étions attendus depuis bien quelques siècles…

Mouvement vers l’ouest, vendredi 1630-1730 :

Nous voici redescendus de nos hauteurs médiévales et réembarqués dans le bus qui se met en route pour Plzen (Pilsen). On nous y attend de pied ferme.

Brasserie de Pilsen Urquell, vendredi 1730 :

Cette fin de journée est vécue en sympathie particulière avec celui sans qui elle ne se serait pas déroulée comme ce fut le cas : Frédéric VON ENGELBRECHTEN, empêché au dernier moment, pour des raisons médicales, de participer comme il s’en réjouissait. C’est grâce à son insistance persévérante en effet que la visite de la grande et célèbre brasserie fut ajoutée au programme, pour notre plus grand plaisir. Nous en sommes sortis enrichis d’un savoir nouveau et d’images belles et suggestives.

à Hradek Kralove (Königgratz), samedi 0730-0900 :

Agréable parcours dans la belle campagne tchèque, et arrivée au pied de la tour d’observation du haut de laquelle nous allons contempler le vaste compartiment d’un terrain sur lequel s’affrontèrent en 1866 plus de 400’000 hommes.

À Sadowa, samedi 0900-1100 :

La visite commence par une présentation remarquablement documentée de Serge MONNERAT. Point culminant de la longue lutte opposant la Prusse et l’Empire autrichien, la bataille de Sadowa, probablement la plus gigantesque du xixe siècle, représente un tournant décisif dans les destinées européennes. Il s’en fallut d’ailleurs de très peu que la victoire n’échappât aux Prussiens : une erreur d’appréciation du général VON BENEDEK qui permit au corps d’armée commandé par le prince héritier Frédéric de Prusse d’enfoncer l’aile droite du dispositif autrichien et de contraindre l’armée des Habsbourg à se replier vers Olmütz (Olomouc). Sous la conduite de Vladimir KUPKA, nous visitons le musée, tout récent et fort bien réalisé, et gravissons aussi les quelque 332 marches de l’escalier à double révolution de la tour d’observation qui nous offre une vue spectaculaire du site de Sadowa.

La suite du voyage permettra à ceux qui le souhaitent de lire les deux brochures rédigées à l’intention des participants, la première par Serge MONNERAT, qui décrit la bataille et les protagonistes en présence, la seconde par Philippe BOSSEY, qui situe l’événement dans son contexte politique, celui de l’unification allemande (de NAPOLEON à BISMARCK, 1800 à 1870).

Jiráskova chata Dobrosov, samedi 1200-1400 :

En une petite demi-heure, notre chauffeur (dont c’est aujourd’hui l’anniversaire!) nous emmène dans un restaurant situé au sommet d’une montagne où l’on domine le pays tchèque sur le versant S-W, la Pologne sur le versant N-E. Fabuleux paysage, dîner sympathique, grimpée dans la tour qui, tel un donjon, domine la construction tavillonnée du bâtiment qui nous accueille. On devine au loin les ouvrages vers lesquels nous allons nous diriger tout à l’heure.

Dobrosov, samedi 1400-1500 :

Un bref déplacement nous amène sur le site de l’ouvrage d’artillerie de Dobrosov (alt. 622m), le plus grand sans doute parmi ceux qui ont été réalisés (mais non terminé…) L’ensemble planifié des fortifications de la Tchécoslovaquie comportait plus de 400 ouvrages, une vingtaine seulement étant effectivement réalisés au moment des accord de Munich. On est donc là dans la région de Nachod, tout près de la frontière polonaise, sur l’axe Woclaw (Breslau)-Hradek Kralove (Königgrätz). Après la visite des trois casemates où l’on peut voir une reconstitution en bois des pièces qui les auraient armées, les plus sportifs des participants s’introduisent dans un puits qui permet l’accès aux profondeurs de l’ouvrage (300-400 marches au moins…), où devaient se trouver les cantonnements, cuisines, installations techniques, etc. (garnison prévue : 571 hommes). Vastes cavernes, longs corridors, d’abord internes à l’ouvrage principal, puis débouchant après un parcours de quelque trois cents mètres, dans l’un des ouvrages d’infanterie dont l’ensemble devait être doté de N-Do-S-72 Mustek, d’une garnison 40 hommes, de deux chambres de tir comprenant deux armes mixtes et de plusieurs FM ou mitrailleuses (armement jamais réalisé).

Remarque : le rédacteur des présentes notes de voyage a trouvé sur internet, parmi les nombreux sites consacrés aux ouvrages de la Ligne Maginot tchèque, difficiles à consulter pour qui ne possède pas la langue, un site en langue française créé par un passionné de fortifications et richement illustré (366 ouvrages, 7535 photographies et plans, référence http://www.fortiff.be/cz/).

Sur la ligne fortifiée Dobrosov-Nachod, samedi 1500-1700 :

Nous descendons le long de la crête où se succèdent plusieurs petits ouvrages, où l’on a parfois reconstitué les obstacles renforçant le terrain dans le champ de tir des armes d’infanterie dont ils sont équipés. Nous avons l’occasion d’en visiter un, parfaitement conservé, l’ouvrage de Bŕezinka. Une sorte de cousin germain de Prayon (val Ferret), pour ceux qui connaissent la région des ouvrages Champex/Comeire.

Retour sur Prague, samedi 1730-1900 :

Parcours sans histoire. Service intérieur au Hilton et rassemblement de la troupe devant l’hôtel pour la dernière étape de la journée pour laquelle nous ferons connaissance avec le métro de Prague.

Soirée de gala au restaurant Ambiante, samedi 2030-2200 :

Au sommet d’une haute tour de 28 étages, un luxueux restaurant, aménagé en attique de façon très moderne. Apéritif au champagne sur la terrasse d’où l’on a une vue fantastique sur la ville aux cent clochers. Repas délicieux, compagnie agréable, propos de circonstances, cadeaux. Retour à l’hôtel, où les arrivées s’échelonnent entre 2400 et 0400 le lendemain, en fonction d’un programme que chacun a pu aménager à son gré.

Circuit touristique en ville de Prague, dimanche 0800-1500 :

Sous la conduite de deux guides parfaitement compétentes et s’exprimant dans la langue de Voltaire, nous entreprenons un beau périple dans le vieux Prague. Un tram historique, où l’on commence par nous servir le champagne, nous transporte par le chemin des écoliers jusqu’au haut du quartier de Mala Strana. Découverte du site de l’Abbaye de Strahov, d’où l’on jouit d’une vue spectaculaire sur Hradkany, la cathédrale et la vieille ville. Descente jusqu’au château, en passant à proximité de Notre Dame de Lorette. Visite du château, de la charmante église romane de Saint-Georges, café sur la place derrière la cathédrale, descente en flânant dans les belles rues qui nous conduisent à la grande place de Mala Strana, près de l’église Saint-Nicolas, jusqu’au palais baroque Kaiserstejn. Accueil aux sons de l’accordéon, repas puis poursuite de notre descente jusqu’à la Moldau ; café dans un charmant bistrot proche du pont Charles, qu’on emprunte ensuite pour rejoindre la rive droite ; traversée du Clementinum, circuit dans la ville juive complètement transformée par les urbanistes à la fin du xixème siècle et riche par conséquent en bâtiments de style art nouveau/art déco.

Teresin (Theresienstadt), lundi 0800-1200 :

Voyage dans le brouillard jusqu’à Teresin où Vladimir Kupka nous accompagne et nous présente tout d’abord le grand cimetière-mémorial où furent ensevelis après la guerre une partie de ceux qui trouvèrent ici la mort. Puis nous entrons dans la « petite forteresse », aménagée dès juin 1940 en tant que prison de police et où furent rassemblés jusqu’à 2’000 prisonniers (et même plus de 5’000 dans les derniers jours de la guerre). Ils y trouvaient des conditions de vie effrayantes, aggravées encore par la brutalité d’un chef de prison impitoyable, le SS-Hauptsturmführer Heinrich Jöckel. Au total, 27’000 hommes et 5’000 femmes y furent détenus entre 1940 et 1945.

À partir de 1941, la partie principale de la forteresse fut à son tour transformée en ghetto (le Ghetto für jüdische Häftlinge). Jusqu’en 1945, plus de 74’000 juifs y furent détenus. La forteresse dans son ensemble vit passer plus de 190’000 personnes en provenance de presque tous les pays d’Europe. Trente-huit mille d’entre elles ne survécurent pas à la guerre, qu’elles aient succombé suite aux mauvais traitements subis à la petite forteresse ou qu’elles aient été transférées dans l’un ou l’autre des camps d’extermination dont Teresin était en quelque sorte l’antichambre…

Pendant le trajet du retour, en direction de l’aéroport, projection d’un film qui documente cette sombre histoire. On sort de là voûté d’un grand silence…

Prague-Zürich-Genève, lundi 1700-2320 :

Et c’est le retour, sans histoire. Les uns prennent congé à Zürich, tandis que le gros de la troupe poursuit jusqu’à Genève.

C’est l’heure des adieux émus, chacun réitère aux organisateurs les remerciements qui leur sont dus, et l’on rentre chez soi en se réjouissant déjà à la pensée de se retrouver pour le voyage ASMEM 2012…

Le voyage ASMEM 2012 nous promènera dans les Iles bailliage de Guernesey ou dans le sud de l’Angleterre. Elles auront lieu du 13 au 17 septembre 2012. Nous nous réjouissons de vous retrouver nombreux.

Cap François BESSON

2010 ESTONIE

2010 ESTONIE

Article de Pascal Bruchez, extrait de SERVIR, bulletin de l’ASMEM

ESTONIE, VOYAGE D’ÉTUDE 2010

SINIMÄED : MORNE PLAINE

Une trentaine d’ASMEMIENS se sont rendus en Estonie pour un voyage d’étude fort enrichissant, durant le week-end du Jeûne Fédéral.

Nous avons été reçus de manière magistrale par notre ami et collègue, Robert Bühler qui a concocté, avec notre ancien Président Luc Fellay, un programme d’une intensité émotionnelle difficilement égalable. Ce voyage était d’un haut niveau. Je n’ai pas la prétention de vous décrire toutes les étapes de celui-ci, car le bulletin ne suffirait pas. Il y a cependant 4 événements qui ont dépassé le simple cadre d’une visite touristique.

SÉQUENCE SÉRÉNITÉ

En quittant Tallin, le premier jour, nous étions à mille lieues de penser, après un parcours dans une campagne agréablement vallonée, de trouver au milieu de nulle part, les bulbes verts du monastère de Kuremäe. Ce monastère est cerné par une enceinte fortifiée qui protège six églises, dont la principale conserve une riche iconostase et l’icône sacrée de la Dormition de la Vierge. C’est un monastère très vivant où officient des laïcs et une centaine de religieuses. Ce lieu respire une sérénité à laquelle contribue le paysage forestier des alentours. La dernière demeure est prenante, avec un alignement de tombes coiffées de croix en métal, et cela, sur des centaines de mètres.

Nous nous sommes ensuite rendus à Narva, du côté ouest de la ville de Ivangorod, où deux forteresses s’observent face à face. Etonnamment, Narva est, à ce jour, à plus de 90 % russophone. Le régime soviétique a, de manière intentionnelle, procédé à un brassage systématique des peuples, de manière à diluer l’autorité des autochtones et de rendre beaucoup plus difficile une renaissance du sentiment national estonien. C’est peut-être dans ces nouveaux pays que va se jouer la stabilité à long terme de l’Europe.

SÉQUENCE ÉMOTION

De janvier à septembre 1944, la région de Narva va être le théâtre d’une des campagnes les plus meurtrières de la Seconde Guerre mondiale. L’Armée rouge qui avait brisé le siège de Leningrad (St- Petersburg) passe à l’offensive en voulant s’emparer de l’axe de pénétration que représentait l’Estonie, et par là-même, de l’accès aux pays nordiques. La division SS constituée de volontaires étrangers décide de résister à la hauteur du fleuve Narva, sur le terrain clef situé entre la Baltique et le lac Peipsi. Plusieurs assauts sont repoussés.

Au début mars 1944, la ville est pilonnée et quasiment détruite. La division SS résiste et les assauts ne donnent aucun résultat. Hitler prend conscience de la valeur clef de cette ligne de résistance et, 2 mois plus tard, il ordonne que la cité doit être défendue par tous les moyens. Le front est déplacé sur les collines connues sous le nom de SINIMÄED, qui signifie de manière romantique, les « montagnes bleues ». Ce sont 3 collines qui sont apparues par l’effet de la tectonique des plaques et qui dépassent à peine 50 mètres la platitude du paysage alentour. On y retrouva un vrai charnier qui, selon les estimations, aura fait entre 100’000 et 200’000 morts du côté soviétique et 10’000 morts au niveau des divisions SS. Tout cela en moins de 2 semaines. Impressionnant !!! La zone est encore pleine de « souvenirs » qui jaillissent au gré des années. Un musée rassemble les restes de ces moments dramatiques et héroïques.

SÉQUENCE HUMORISTORIQUE

Nous sortions d’un restaurant. C’est alors qu’un authentique soldat soviétique nous invite à monter dans 2 bus des années 70, pour une visite réservée «à nos camarades de l’ouest, pour mieux comprendre comment il fait bon vivre sous domination Kremlin». Quelques kilomètres plus tard, notre petite bande d’ASMEMIENS est mise à contribution pour pousser ces magnifiques antiquités qui sont tombées, comme à l’époque,… en panne.

Une promenade pleine d’humour, mais également pleine d’émotion.

A l’arrivée à la prison de la période stalinienne, c’est le silence qui envahit notre groupe. Ce que nous avons vu, était terrible. Les conditions de détention dépassent l’imagination. Ce lieu est une vraie machine de soumission à l’attention des prisonniers. Ce témoin de la guerre froide devrait être détruit prochainement, faute de moyens financiers pour le maintenir. Peut-être également parce que dans ce pays en partie russophone, le réveil par la mémoire des atrocités passées n’est pas du goût de tout le monde.

Notre groupe a des talents cachés. Dans les salons de réceptions du parti soviétique, nous avons entonné en russe ancien la mythique chanson qui a fait connaître les choeurs de l’Armée rouge. Il s’agit de Kalinka. La qualité musicale dépassa toutes les attentes. En ce qui concerne la chorégraphie, un réel effort doit encore être fourni !

SÉQUENCE MODERNITÉ

C’est à Tapa, au Centre d’instruction de l’armée estonienne, que nous avons assisté, après un exposé sur les forces estoniennes modernes, à une démonstration de soldats spécialisés dans le déminage. Le robot télécommandé a soulevé bien des discussions, et les propos de nos hôtes ont été à la hauteur de nos espérances.

Le voyage était parfait. L’Estonie est vraiment un pays fantastique.

Merci aux organisateurs.

On y reviendra… à bientôt

Col Pascal BRUCHEZ

2009 PAYS-BAS

2009 PAYS-BAS

Au Pays de la tulipe

Pour ce voyage au pays de la tulipe, nous avons eu la chance de pouvoir compter, pour l’organisation sur place, de M. Carlos Scheltema et de son frère Sikko. En effet, c’est lui qui a mis sur pied le programme, qui a effectué les réservations nécessaires et qui a entrepris des reconnaissances approfondies, afin que les membres de l’ASMEM puissent profiter au maximum de ce voyage. C’était réussi et nous lui adressons un chaleureux merci.

Dans tous nos voyages, il s’agit d’intégrer un élément ayant trait aux forces armées d’active, une composante historique et, naturellement, l’élément culturel. Eh bien, nous avons été comblés!

En premier lieu, nous avons visité la base navale active de Den Helder et nous sommes montés à bord de la frégate ‘Amstel’. Etant donné l’intérêt marqué des participants pour la marine et ses engagements, nous avons eu le privilège d’écouter un exposé du chef de la doctrine de la Netherlands Navy.

Ensuite, pour l’histoire, nous avons visité un certain nombre de forts, construits pour la plupart vers la fin du 19ème siècle, qui assurent la défense d’Amsterdam. Certains de ces forts ont été construits en mer et ont donné naissance à des îlots dont les fondements reposent sur des pilotis, comme Pampus et le Fort Ijmuiden.

Enfin, l’élément culturel n’a pas été négligé: visite de la ville fortifiée « à la Vauban » de Naarden, monument classé, de la ville d’Amsterdam en bus et sur les canaux. Nous nous sommes rendus au Sud de Rotterdam, dans la province de la Zélande, dans le but de visiter le barrage anti-tempête sur l’Escaut Oriental, d’une longueur de 9 km. Il s’agit d’un barrage totalisant 3 km en 3 tronçons, chacun des tronçons arrimé à des îles artificielles ou à la rive. Les 15 participants ont apprécié cette prouesse technique inaugurée en 1986 par la Reine Beatrix.

Il s’agissait du 20ème voyage de l’ASMEM sous l’égide de notre Président, le Cdt C Luc Fellay. Me faisant l’interprète des participants, qu’il soit remercié pour tous ces voyages qui nous ont permis de découvrir, d’apprendre et de cultiver l’amitié. Merci Monsieur le Président.

Col EMG Jean-Denis GEINOZ

Contexte historique des Pays-Bas

Les contrastes entre la géographie suisse et celle des Pays-Bas sont immenses. La Suisse est considérée comme une plaine relativement haute entre deux grandes formations de montagnes alors que les Pays-Bas correspondent plutôt à un delta plat, à l’image d’une crêpe. Il n’y a pas de différence en ce qui concerne l’esprit de liberté des deux nations et la ferme volonté de défense de leur territoire respectif. En 1940, les Néerlandais se sont battus pendant cinq jours. Le bombardement du centre historique de la ville de Rotterdam par les Allemands, a contraint les Pays-Bas à capituler. Le bombardement de Rotterdam, qui fit près de 1’000 morts, le chantage des Allemands de bombarder d’autres villes en cas de poursuite de la résistance armée, ont impliqué le dépôt des armes de l’armée des Pays-Bas.

Etonnant pays, entre terre et mer, pour nous qui sommes habitués à avoir les pieds sur terre. Les participants de l’ASMEM sont arrivés à Schiphol, l’aéroport d’Amsterdam; il est situé à 4 mètres en dessous du niveau de la mer. Ce n’est pas parce qu’une grande partie des Pays-Bas se trouve en dessous du niveau de la mer que la défense hollandaise pouvait facilement inonder de vastes terrains pour former une ligne de défense. L’eau des inondations provenait des rivières et canaux et non pas de la mer, mis à part une exception près de Naarden. Le delta (au Sud de Rotterdam) est principalement formé de deux grands cours d’eau, le Rhin et la Meuse avec leurs différents bras qui forment tous ensemble le delta. Ces cours d’eau amènent dans leur lit des matières solides, soit du sable, de l’argile et du gravier.

Les méandres millénaires ont sculpté cette géographie. Ils formaient des terrains marécageux qui s’affaissèrent, tandis que leurs lits d’argile et de pierres restaient stables et se trouvèrent finalement en dessus du niveau des terrains avoisinants. L’homme, en construisant des digues le long des rivières, a pérennisé cette situation. Pour les inondations militaires, les soldats perçaient ces digues dont le niveau de l’eau était difficilement gérable. La problématique de ce type de défense consistait, une fois la menace passée, à procéder à l’assèchement des terrains inondés. Cette opération demandait beaucoup d’énergie et de temps. Les ingénieurs militaires ont, par la suite, développé des systèmes d’écluses dans les digues, qui ont été perfectionnés au cours des siècles pour gérer la profondeur des inondations. La « Waterline » (hauteur de l’eau) idéale devait être de 40 centimètres en moyenne. Un obstacle infranchissable pour les matériels lourds d’une armée, en raison de l’assise marécageuse. De plus, les routes, les fossés et autres obstacles étaient  invisibles, donc autant d’obstacles à la manoeuvre ! Cette faible profondeur de l’eau est insuffisante pour la circulation des bateaux.

Le premier qui eut l’idée de se servir d’inondations pour la défense, fut Maurits, prince d’Orange, à la fin du 16e siècle. La République des Sept Provinces Unies apparaît en 1579 et, seulement alors, il est question de la défense de tout un territoire. La “Hollandse Waterlinie” naît en 1589, allant de la mer intérieure du “Zuiderzee” jusqu’à la rive gauche du bras principal du Rhin, qui devient le Waal et qui change à nouveau de nom en Merwede.

A l’époque napoléonienne, la ligne passant jadis à l’ouest d’Utrecht se déplace et est fixée à l’est de cette ville importante. Depuis ce moment, nous distinguons la “Oude” (ancienne) et la “Nieuwe” (nouvelle) Hollandse Waterlinie, abrégé NHW. Le médecin Krayenhoff en devint le directeur et, sous Louis-Napoléon, pendant quatre ans roi des Pays-Bas, il est nommé ministre de la guerre. Entre 1840 et 1860, quelques tours d’artillerie rondes en maçonnerie sont construites, ainsi que de grands forts polygonaux d’une géométrie exceptionnelle. Les tours en maçonnerie deviennent obsolètes avec l’invention de l’obus brisant. La guerre franco-allemande de 1870-1871 bouleverse les Pays-Bas, comme d’autres pays. Il en résulte la construction d’une série de casemates et de casernes blindées durant la période 1874-1880.

En même temps que l’amélioration de la NHW, à partir de 1874, la ligne de défense circulaire autour d’Amsterdam fut construite. C’est une “Waterlinie” avec un grand nombre de forts, dont deux se trouvent sur une île. L’ASMEM a visité deux îles et le fort Spijkerboor, à Westbeemster (SE d’Alkmaar) avec la seule tourelle blindée à deux canons qui n’ait pas été démantelée par les Allemands durant la 2ème Guerre Mondiale.

Quelques années avant la Deuxième Guerre Mondiale, de petites casemates et surtout des abris pour fantassins sont construits en béton armé partout dans la NHW. En 1939, l’état-major décide de construire une nouvelle ligne de défense plus à l’est que la NHW. Ces travaux auraient dû être terminés en 1941; les Allemands n’ont pas eu la politesse d’attendre…

Carlos SCHELTEMA, Architecte, SG IFC

2008 NORVÈGE

2008 NORVÈGE

Merci à Pascal Bruchez pour la mise à disposition des images et le récit du voyage.

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UNE ESCAPADE PRÈS DU CERCLE POLAIRE, par col Pascal Bruchez

L’accueil à Evenes, base militaire et aéroport civil, par notre homme de liaison local, Christian, a été à l’image des 5 jours du voyage d’étude en Norvège, chaleureux et plein d’enthousiasme. L’organisation était de haute qualité, tant de la part de nos hôtes, que de la part de la TFVA « task force voyage ASMEM ». Qu’ils en soient remerciés, tout était parfait.

Après une première nuit en caserne, nous avons été les hôtes de l’armée norvégienne qui est un employeur vital pour le Comté de Troms : c’est à Setermoen que sont basées la 6e division d’infanterie et, un peu plus au nord, la plus grosse partie de l’armée de l’air. Setermoen est une ville de garnison, où l’armée joue un rôle économique des plus importants. Les troupes d’artillerie nous ont préparé une démonstration statique du matériel actuellement en service. Le poste calcul de tir pour les feux de contre-batterie, sur chenillettes, en a impressionné plus d’un, ainsi que tous les moyens adaptés aux climats et à la topographie du lieu, tels que motoneiges et quad’s.

Les déplacements ont été bien agréables, avec des paysages de rêve tout revêtus de couleurs automnales. Les ouvrages de génie civil qui relient les îles et presqu’îles sont à ce point bien intégrés dans le paysage qu’ils le soulignent, et le mettent en valeur.

Le clou de notre voyage est la visite de la batterie côtière de Trondenes. La naissance du canon de 40,6 cm « Adolf-Rohr » et de ses munitions provienne d’une commande réalisée en 1937 par l’état allemand à la firme Krupp. L’Allemagne voulait produire une nouvelle génération de canons de 40,6 cm, devant armer dans le futur les six « neue Schlachtschiffe » des classes H à N, mettant sur pied des bâtiments de 56’200 tonnes. La construction de ces cuirassés est ajournée par Hitler. A l’état-major de la Marine, on pense qu’il serait bon d’utiliser ces pièces d’une façon plus positive que de les laisser rouiller dans un hangar. En attendant la révision du programme Z, on propose à Hitler d’employer les premières pièces de 40,6 cm disponibles au sein de batteries côtières lourdes faisant face au bloc soviétique.

Hitler autorise la mise en place d’une première batterie dans le secteur sensible de Dantzig. Avec l’évolution du conflit, par la poussée russe, les pièces d’artillerie seront rapatriées sur la cote de la Manche, et c’est de cet emplacement qu’elles tireront près de 2200 obus de plus d’une tonne vers le sud de la Grande Bretagne. Cette batterie est connue sous le nom de la batterie LINDEMANN.

En avril 1940, les Allemands s’emparent du Danemark et de la Norvège, et ce, malgré une intervention militaire franco-anglaise en Norvège, à Narvik. Hitler a besoin de garder « la route du fer » suédoise ouverte. Avec l’occupation de la Norvège par l’armée allemande, deux nouvelles batteries vont être affectées à la défense des côtes, à partir de 1942 ; notamment à Harstad où va siéger la MKB « Theo » rebaptisée plus tard MKB « Trondenes », qui arbore 4 canons de 40,6 cm et au sud de Narvik, la MKB « Erich », qui aligne 3 pièces de 40,6 cm, implantée sur l’île de Engeløya, rebaptisée par la suite « Dietl », en l’honneur du General décédé subitement dans un accident d’avion. Ces deux positions protègent activement le port de Narvik et le fjord environnant. La technicité de cette pièce était vraiment révolutionnaire pour l’époque. Après le conflit, les installations seront reprises et utilisées jusqu’en 1961 par l’armée norvégienne.

Le Nordland s’étend sur une longueur de 500 kilomètres, depuis le Nord- Trøndelag jusqu’au Troms. Le littoral est très accidenté, et le comté inclut la plupart des îles Lofoten et Vesterålen. De Narvik, en moins d’une heure, nous avons rejoint la Suède.

La pêche reste l’un des secteurs économiques les plus importants. Le Nordland est notamment célèbre pour ses morues et ses élevages de saumons. La seule forme d’agriculture possible à l’intérieur des terres se résume à l’élevage du bétail. Ce secteur occupe un grand nombre d’habitants, avec l’élevage de chèvres, de moutons et de bovins. Malheureusement, nous n’avons pas vu d’élans vivants. Le comté est principalement montagneux. Les pistes de ski, avec vue sur la mer doivent être particulièrement grisantes en hiver.

Quelques installations minières et hydroélectriques ajoutent à la diversification des activités locales. Narvik est reliée à Kiruna en Suède par le chemin de fer, Ofotbanen. C’est d’ailleurs grâce à cette ligne que la ville s’est développée et est devenue l’un des plus importants ports de Norvège. Elle longe le magnifique Rombaksfjorden, s’élevant ensuite progressivement, en s’accrochant à flanc de montagne dans une nature impressionnante, pour atteindre la frontière de la Suède, dans un paysage de haut plateaux et où les arbres ne poussent plus.

A Oslo, le Parc Vigeland est un des endroits les plus populaires. Dessiné par le célèbre sculpteur norvégien Gustav Vigeland (1869 – 1943) pendant les vingt dernières années de sa vie, il propose près de 200 statues monumentales sur le thème de la destinée de l’être humain, de l’enfance à la vieillesse. Les commentaires ont fusé.

Nous avons effectué un déplacement au musée du FRAM, qui est le navire le plus solide du monde. Ce bateau est allé le plus loin au nord et le plus loin au sud. Le FRAM fut utilisé pour l’exploration polaire, successivement par les explorateurs norvégiens Fridtjof Nansen, Otto Sverdrup et Roald Amundsen entre 1893 et 1912. C’est une goélette à trois mâts de 39 mètres de long et de 11 mètres de large, conçue par l’architecte naval norvégien Colin Archer, en prévision de l’expédition de Nansen, au cours de laquelle elle devait se laisser prendre par la banquise afin de dériver par-dessus le pôle Nord.

Après le musée militaire, où nous avons eu droit à une évacuation en raison d’une alerte à la bombe, nous avons visité le Musée de la Résistance norvégienne. Il se situe également à l´Akerhus Festning, qui abrite une collection poignante d’objets utilisés durant le combat de la Norvège contre l’occupation nazie de 1940 à 1945. Les Norvégiens ont compris que l’histoire militaire et le devoir de mémoire font partie intégrante de la culture.

Le nouvel opéra fait partie d’un vaste projet du développement du centre-ville d’Oslo et illustre la volonté politique de rénover cette partie de la ville qui était, il y a 40 ans, un quartier portuaire actif. L’architecte Snøhetta a décrit son projet ainsi : « Un lien entre la terre et la mer se crée. Une plate-forme publique émerge du fjord. La plate-forme embrasse l’eau, redonnant au centre de la cité son rôle côtier. Les quatre éléments, la terre, le feu, l’air et l’eau se répartissent des espaces distincts. La souplesse face à la rigueur distingue l’intérieur de l’extérieur. La surface du toit en pente a été dessinée comme émergeant directement du fond du fjord. Elle présente des fractures, des escaliers, les surfaces des toits et des tours de la scène, éléments de définition de la vaste plate-forme que le visiteur peut traverser depuis le niveau de la mer jusqu’au niveau le plus élevé. S’unissant au mouvement vertical, les lignes diagonales créent une composition convaincante, à la fois modeste, adaptée à l’échelle de la ville, et particulière, unique dans le paysage urbain. ». … Simplement époustouflant.

Merci aux membres de la TFVA.

Col Pascal BRUCHEZ

2007 ESPAGNE

2007 ESPAGNE

Avec nos remerciements à Pascal Bruchez pour la mise à disposition des images et le récit du voyage.

 

Voyage d’étude en Espagne, ou le passage de la monarchie à la démocratie

par le lt-col Pascal Bruchez

C’est toute la troupe des étudiants de l’ASMEM qui s’est réunie à l’aéroport de Genève, en ce jeudi 13 septembre 2007 pour se rendre par un vol direct à Madrid, pour 4 jours d’études intensives.

Tolède

Le vendredi, nous nous sommes rendus à Tolède, où l’académie de l’infanterie, conduite par le General de Brigada D. Cesar Muro Benayas, nous a accueillis dans le cadre extraordinaire de la place d’armes. Les exposés qui nous ont été présentés par cette armée professionnelle ont montré une Espagne résolument moderne qui se prépare avec des moyens limités à contrer les conflits futurs.

Cette école se trouve en face de l’Alcazar qui fut, il y a plus d’un demi-siècle, un des lieux clefs de la guerre d’Espagne. Il faut dire qu’un des élèves, et non des moins illustres, se nommait Franco. Ce dictateur au sens le plus classique du terme, instaura un régime autoritaire radicalement différent, par son absence de véritable base doctrinale, des régimes totalitaires fascistes apparus durant les années 1930.

Placé à la tête d’un pays sans véritable tradition démocratique, où la persistance des structures traditionnelles rendait d’autant plus extrémistes les revendications de justice sociale, il sut en fin de compte gouverner de manière assez pragmatique, s’appuyant sur des groupes de pression qu’il savait jouer les uns contre les autres, au prix cependant d’une véritable paralysie du débat démocratique et des droits de l’Homme !

Il eut l’habileté, malgré tout, de préserver l’Espagne de la Seconde Guerre mondiale, puis des tourments de la guerre froide, et parvint à réintégrer son pays dans le concert des nations démocratiques européennes, tout en préparant avec beaucoup de finesse une succession dont la réussite était loin d’être acquise. …Mais à quel prix.

Madrid

Après Tolède, c’est Madrid qui nous fait découvrir un séduisant mélange de tradition et de modernité.

Le palais royal de Madrid a été construit au XVIIIe siècle, sous l’ordre de Philippe V, sur un ancien terrain de l’Alcazar, auparavant château musulman. Le plan est carré avec un grand patio central. Les avis sur son style sont partagés, car il dépend des guides. Certains sont plutôt d’avis qu’il est baroque et d’autres optent pour le style néoclassique. Eh bien, pour nous c’est un style de toute beauté.

Après Madrid et ces places charmantes, nous nous sommes dirigés vers Ségovie en s’arrêtant au monastère de l’Escurial, qui est inscrit au Patrimoine de l’Humanité.

Philippe II a utilisé cette résidence royale comme panthéon de famille. Les travaux ont commencé en 1563, sous la direction de Juan de Toledo. À sa mort, c’est Juan de Herrera qui continue l’ouvrage et achève sa construction en 1584. Il y a quatre tours de 55 mètres aux angles, terminées par des sphères en métal. L’église a un plan en croix grecque et sa grande chapelle abrite les monuments funéraires de Charles Quint et Philippe II.

A quelques kilomètres de là, la basilique Santa Cruz del valle de los Caídos « de la vallée de ceux qui sont tombés » est un des plus gigantesques monuments espagnols. La réalisation de ce monument religieux a été commandée par le général Franco, pour rendre hommage aux « héros et martyrs de la Croisade », désignant par là les combattants franquistes morts pendant la guerre d’Espagne (1936-1939). Par la suite, le gouvernement espagnol décida d’en faire un mausolée pour l’ensemble des combattants morts durant la guerre civile, y compris les combattants républicains, du moment qu’ils fussent catholiques.

Ségovie

A Ségovie, c’est une réception pleine de panache qui nous attend à l’académie de l’artillerie, sous les ordres du General de Brigada D. Luis Diaz-Ripoll.

L’organisation de ce voyage a été à tout point de vue parfaite, sous la baguette de notre attaché militaire, le col ORGIS, et de nos GO’s, le col EMG Geinoz et le col EMG Motto-Cagna.

Notre prochain voyage d’étude, nous amènera près des îles Lofoten, alors à vos polaires.

Photos diverses

2006 CHINE

2006 CHINE

Chine : Beijing (Pékin) – Xi’an – Nankin – Shanghai – Hong Kong

Programme

14.09.06
  • Vol Zürich – Frankfurt a M. – Pékin (vol de nuit)
15.09.06 Pékin
  • Visite du « China Military Science Institute »
  • Réception par Lt Gen Haihao Quian et Maj Gen Yuschen Xiao
  • Visite de l’ambassade de Suisse – Réception par l’Attaché de Défense
16.09.06 Pékin
  • Visite du Musée Militaire de l’Armée Populaire de Libération
  • Visite du Palais d’été
  • Visite de la Cité interdite – Place Tiananmen
  • En soirée: Show acrobatique
17.09.06
  • Excursion sur la Grande Muraille
  • Visite du Tombeau des Ming
  • Déplacement en trains Pékin – Xi’an (Train de nuit)
18.09.06 Xi’an
  • Visite de l’Armée en terre cuite
  • Visite de la Pagode de l’Oie sauvage
  • Musée provincial
  • Fortifications de la ville
19.09.06 Nankin
  • Vol Xi’an – Nankin
  • Fleuve Yang-Tsé-Kiang
  • Tombeau du Dr Sun Yat-sen
20.09.06 Nankin
  • Visite et exposé du Massacre de Nankin en 1937
  • Visite Atelier de broderie
  • Visite de Taicheng (vieille forteresse)
  • Réception par les autorités de Nankin
21.09.06 Shanghai
  • Voyage en train Nankin – Shanghai
  • Visite de la vieille ville
  • Croisière sur la rivière Huangpu
22.09.06 Shanghai
  • Visite de la tour « Asia Perl »
  • Visite du district de Pudong
  • Vol Shanghai – Hong Kong
23.09.06 Hong Kong
  • Visite de Victoria Peak
  • Visite de Aberdeen
  • Visite de Repulse Bay
  • Après-midi et soirée libres
24.09.06 Hong Kong
  • Visite de Kowloon
  • Shopping
  • Vol de retour
  • L’Armée de terre cuite à Xi’an

La Grande Muraillechine-2006_1-grande-muraille

L’Armée de terre cuite à Xi’anchine-2006_2-xianLe Tombeau des Ming

2005 SUÈDE

2005 SUÈDE

Suède : Stockholm, Karlsborg, Skovde

C’est à la mi-septembre qu’a eu lieu la sortie d’automne de l’ASMEM.

Nous étions une trentaine à faire le déplacement en Suède, dans une région pleine de contrastes et malgré tout, si proche de nous et de nos mentalités.

Nous avons été reçus dans un pays qui vit de plein fouet les réformes données par les nouveaux équilibres stratégiques.

Ses Forces terrestres en plein mouvement ont su mettre en valeur leur passé militaire et elles n’hésitent pas à investir dans le devoir de mémoire qui a fait la grandeur de leur pays.

De Stockholm à Karlsborg, nous nous sommes fait une idée très précise de ce pays où les axes ne sont pas délimités par les Alpes, mais par des lacs et des cours d’eau.

C’est un grand honneur que d’avoir pu loger dans les murs de la prestigieuse (?) école d’officiers interarmes de Stockholm.

Nous n’avons pas chômé. A peine avons-nous pris les cantonnements que nous avons eu le plaisir de nous rendre au musée de l’armée. La qualité et la sobriété des objets et scènes présentées, sont exemplaires. En moins de 2 heures, nous sommes passés de l’histoire des hommes des cavernes aux soldats du 21ème siècle. Ce pays se donne les moyens de mettre en image son histoire et ne renie aucune étape de son évolution. Nous avons été guidés par des passionnés qui ont su mettre en évidence les points essentiels.

La mise en forme pour la journée du lendemain s’est passée dans le Mess des officiers de cavalerie et nous avons apprécié la coutume du « Skol ».

Dans cette tradition, le hussard lève le pied droit et l’artilleur, le pied gauche, mais c’est plutôt du pied marin dont nous avions besoin car, dès le lendemain matin, nous nous sommes rendus avec des vedettes rapides sur une île qui a accueilli durant la guerre froide un système d’arme performant et impressionnant.

Nous avons pu philosopher sur la définition du tangage et du roulis. Certains participants auraient préféré la solitude de nos forteresses, plutôt que la vision décidément mouvementée de la mer! Il faut dire que les pilotes ont voulu démontrer les qualités exceptionnelles de leurs engins.

Les problèmes de budgets, de restructuration et de réorganisation sont partout à l’ordre du jour. Les installations qui nous ont été présentées, n’étaient pas plus âgées de 20 ans. Elles sont, pour nous membres de l’ASMEM, des installations modernes, … déjà déclassées.

Espérons que la Suède se rendra compte du patrimoine exceptionnel qu’elle a en main et qu’elle va oeuvrer dans le sens d’une sauvegarde des infrastructures historiques.

Le musée Vasa est vraiment un must, au point de vue de l’histoire et de la muséographie. Le Vasa est le seul vaisseau du XVIIème siècle au monde à avoir été conservé. La découverte, à bord du Vasa, de plus de 95 % des pièces d’origine et de centaines de sculptures ciselées en fait un trésor unique et l’une des attractions touristiques les plus populaires au monde.

Après plusieurs km à bord du TGV suédois, nous nous sommes rendus dans la ville de garnison de Skovde. Les Forces terrestres nous ont impressionnés par leur modernisme. Elles se veulent adaptées à un environnement proche de la réalité et nous avons eu l’exemple d’un combat de localité dans le cadre d’une mission de maintien de la paix.

Il n’y a qu’un pas entre les jeux vidéo et le matériel qui a été engagé au profit des exercices. II permet un déroulement de combat, dans des conditions réelles et tout cela, sous l’oeil attentif de la direction d’exercice. Les cartes sont présentes, mais cette fois, l’action se déroule sur écran.

La bourgade de Karlsborg a joué depuis des siècles un rôle primordial dans le concept de défense de la Suède. Elle pouvait servir de barrage à un ennemi venant de l’Est ou de l’Ouest. Véritable place forte dans ce pays de lacs, cette citadelle aurait dû permettre aux forces amies de se regrouper, de s’organiser et de se préparer au combat.

Nous avons été enchantés par la muséographie, qui nous a permis de nous déplacer, sous le feu, de caponnières en observatoires, de parapets en fossés.

Les concepteurs ont imaginé un conflit qui « n’a jamais eu lieu », et sur la base duquel les Suédois raconteront, de génération en génération, les prouesses et les bravoures de leur peuple. Quelle audace, quelle imagination!

Une sacrée soirée, que cette soirée de Gala, dans une « résidence d’officier». Un Ballenberg suédois. Si les maisons étaient d’époque, notre « Bernard » d’un soir, lui était bien vivant !!!

Sa prestance et son art du conte a fait revivre ce coin paradisiaque, mais rude. Les participants garderont des années encore le souvenir de ce personnage hors du commun et de son musée à l’honneur des hussards.

Merci aux organisateurs, aux attachés militaires suisse et suédois, aux accompagnants, à notre traducteur.

A l’année prochaine en Chine, du 15 au 24 septembre 2006.

Lieutenant-colonel Pascal BRUCHEZ

2004 Roumanie

2004 Roumanie

Arrivée à Bucarest pour ensuite se rendre dans les Carpates.

Elle se situe dans le pays de la Bârsa, région historique de la Transylvanie, et s’étend autour de la colline Tâmpa. Elle est historiquement une fondation saxonne. Sa forteresse, construite sous le règne d’Étienne Ier de Hongrie au début du XIe siècle, a été concédée par son successeur André II en 1211 à l’Ordre Teutonique comme fief de l’ordre avec un ensemble de fortifications puissantes afin de limiter l’effet destructeur des invasions mongoles et tatares venues de l’actuel territoire de l’Ukraine. Après ces invasions, l’ordre se déplaça au nord de l’Europe et la ville continua à se développer avec une population allemande importante et une population roumaine minoritaire jusqu’au début du XXe siècle.

2003 PROVENCE

2003 PROVENCE

Provence: Les débuts de l’armement nucléaire français – La Légion étrangère – Plateau d’Albion – Sisteron

Programme:

Jeudi 15 mai 2003: les débuts de l’armement nucléaire français

    • Départ de Suisse en car
    • Continuation vers Valence, Montélimar, Bollène
    • Déjeuner à Mondragon
    • Continuation vers Marcoule
    • Marcoule – les débuts de l’armement nucléaire français : visite guidée du site CEA/VALRHO
    • Continuation vers Avignon, Aix-en Provence
    • Repas et soirée libres

Vendredi 16 mai 2003: La Légion étrangère

    • Départ pour Puyloubier
    • Accueil et visite de l’Institution des Invalides de la Légion étrangère
    • Déplacement vers Aubagne
    • Déjeuner au Cercle mixte du 1er Régiment étranger
    • Présentation de la Légion étrangère, en salle Rollet
    • Visite guidée du musée du souvenir
    • Déplacement vers Marseille
    • Visite guidée de Marseille
    • Temps libre sur le Vieux-Port
    • Retour vers Aix-en-Provence

Samedi 17 mai 2003: Le Plateau d’Albion – Sisteron

    • Départ pour le Plateau d’Albion
    • Rustrel : visite d’un ancien PCT, reconverti en laboratoire souterrain
    • Lagardère d’Apt : visite d’un ancien silo de lancement, reconverti en observatoire solaire
    • Continuation vers Sisteron
    • Sisteron : visite guidée de la citadelle
    • Temps libre Soirée libre

Dimanche 18 mai 2003: Retour par Grenoble, fort de la Bastille

    • Retour par Grenoble
    • Départ par la Route Napoléon
    • Grenoble : visite guidée du fort de la Bastille
    • Continuation vers Voiron
    • Déjeuner à Voiron
    • Continuation vers Chambéry, Annecy  Retour en Suisse